Les droits des détenus

Photo d'une cellule de la prison de Trois-Rivières 44 Ko

À partir des années 1930, des rapports accablants sur le système carcéral canadien amènent les autorités à se rendre compte que le système répressif inspiré du modèle de la prison américaine d’Auburn - isolement et silence total, répression brutale du moindre manquement - n’a pas porté les fruits escomptés. Après la Deuxième Guerre mondiale, peu à peu, la prison prend une dimension plus humaine. Il faudra toutefois attendre les années 1960-1970 pour que les sanctions physiques, comme la flagellation, soient abolies. C’est aussi à cette époque qu’on reconnaît que les détenus ont des droits.

Séquence vidéo

Entrevue d'un ancien prisonnier de la prison de Trois-Rivières.

Séquence Description/Transcription
Séquence 1 Description : Gros plan d'une porte de la cellule avec le titre : Liberté.
Transcription :
Séquence 2 Description : Gros plan d'une porte de la cellule avec le titre : Détenus
Transcription :
Séquence 3 Description : Gros plan d'une porte de la cellule avec le titre : Prison
Transcription :
Séquence 4 Description : Plan de Michel Morin debout près d'une cellule.
Transcription : Quand on est en prison, évidemment, on fait du temps pour faire du temps.
Séquence 5 Description : Plan de Michel Morin debout près d'une cellule avec le titre : Michel Morin, ancien détenu.
Transcription : Parce qu’ici, c’était 24 heures sur 24 en bloc cellulaire. On était supposés, selon les règlements, avoir une heure de sortie de cour par jour, mais si on avait une heure par semaine, on était chanceux. Puis on avait trois périodes de visite de 30 minutes par semaine aussi.
Séquence 6 Description : Mise en scène de détenus en train de faire de l'exercice et de regarder une télévision qui ne fonctionne pas.
Transcription : À part ça, pour passer ton temps, tu joues aux cartes, tu fais des push-ups ou tu regardes la télévision, quand elle marchait évidemment. Les étapes vers la remise en liberté, ça va dépendre de chacun,
Séquence 7 Description : Gros plan de Michel Morin.
Transcription : ça va dépendre de tes accusations, ça va dépendre du niveau de sécurité où tu vas aller faire ton temps puis ça va dépendre de tes efforts personnels. Donc, toi où tu veux aller, c’est quoi que tu veux faire. Veux-tu faire tes études? Veux-tu apprendre un métier?
Séquence 8 Description : Mise en scène d'un détenu devant une fenêtre en train de lire.
Transcription : Donc tu peux apprendre à lire, tu peux apprendre à écrire, tu peux avoir un programme pour la toxicomanie. Tu as différents programmes selon la problématique de l’individu. Mais chacun va faire ses propres méthodes de réhabilitation dans le fond.
Séquence 9 Description : Plan de Michel Morin debout près d'une cellule.
Transcription : C’est toi qui vas décider ce que tu veux faire de ton temps, c’est toi qui vas décider c’est combien de temps que tu vas faire en dedans. Parce que si tu t’impliques dans les programmes, tu vas sortir plus vite. Si tu veux pas t’impliquer, tu vas sortir moins vite.
Séquence 10 Description : Gros plan de Michel Morin.
Transcription : J’avais deux choix dans le fond. J’avais soit faire du temps, soit faire quelque chose avec mon temps. Moi, j’ai décidé de faire quelque chose avec mon temps. J’ai fait mes études, j’ai fini mon secondaire, j’ai fait mes études collégiales, j’ai été me chercher un DEC en sciences humaines .
Séquence 11 Description : Plan moyen de Michel Morin debout près d'une cellule.
Transcription : À partir de là, j’ai pu aller suivre un cours en toxicomanie à l’Université de Montréal. Je sortais juste pour aller à mes cours à l’université, je revenais après au pénitencier.
Séquence 12 Description : Gros plan d'un détenu en train de lire.
Transcription : Suite à ça, j’ai pu passer devant la Commission nationale des libérations conditionnelles qui m’a accordé une semi-liberté dans une maison de transition, où je suis toujours présentement aujourd’hui. J’ai trouvé un emploi ici au Musée québécois de culture populaire
Séquence 13 Description : Gros plan de Michel Morin.
Transcription : et j’ai commencé un autre certificat en intervention psycho-sociale à l’Université du Québec à Trois-Rivières.
Séquence 14 Description : Gros plan d'une porte de la cellule avec le titre : Détenus.
Transcription :
Séquence 15 Description : Gros plan d'une porte de la cellule avec le titre : Prison.
Transcription :

Version standard de la séquence vidéo

Méfaits et punitions

Image de la flagellation d'un prisonnier 168 Ko
Photo d'un chat à neuf queues 28 Ko
Photo d'une corde 52 Ko

Jusqu’en 1932, dans les pénitenciers fédéraux, les détenus étaient contraints de garder le silence. Un prisonnier osait rire et parler? On pouvait lui infliger, comme au pénitencier de Kingston, 6 coups de chat-à-neuf-queues. Des rapports dénoncent certains abus, notamment auprès d’enfants qui, dans la première moitié du 19e siècle, étaient emprisonnés avec les adultes.

Les règles carcérales sont strictes et les punitions sévères. Aucune infraction n’est tolérée : la contrebande, particulièrement celle de drogues, les tentatives d’évasion, la fabrication d’armes artisanales sont fortement réprimées. La sanction ultime est la mise en ségrégation, dans une cellule isolée et plongée dans le noir qu’on appelle «le trou».

Quand la violence éclate

Photo de la rotonde de Kingston après une émeute 80 Ko
Image de la révolte des forçats 156 Ko

Sans droits, sans voix pour se faire entendre lorsqu’il y a des situations abusives dans les prisons souvent surpeuplées, les prisonniers utilisent parfois des moyens extrêmes pour protester : des émeutes et des mutineries.

Déjà dans les années 1930, certains réformateurs voulaient donner une voix aux victimes d’abus en prison : un organisme indépendant chargé d’analyser leurs requêtes. Une trentaine d’années seront néanmoins nécessaires pour que les droits des détenus soient reconnus. Au fédéral, c’est en 1973 que le Bureau de l’enquêteur correctionnel permet aux prisonniers de faire entendre leurs revendications. Si les émeutes ne disparaissent pas complètement, les détenus ont néanmoins la possibilité d’exprimer leurs demandes par les canaux officiels.